Bhagavad Gita: 15. La personne suprême

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La création est comme un arbre créé par les forces de maya

Le Suprême Seigneur dit :< Ils parlent de l’éternel arbre banian23[23] qui a son origine en haut dans le Suprême Être (Para-Brahman) et ses branches en bas dans le cosmos, dont les feuilles sont les hymnes Védiques. Celui qui comprend cet arbre est le connaisseur des Védas. (Voir aussi KaU 6.01, BP 11.12.20-24, et Gîtâ 10.08) (15.01)
Les branches de cet arbre cosmique de Māyā (l’illusion) se répandent sur tout le cosmos. L’arbre est nourrit par les trois modes (Gunas) de la Nature matérielle (Prakŗti) ; les plaisirs des sens sont ses bourgeons ; et ses racines de l’ego et du désir s’étendent en bas dans le monde humain, engendrant l’enchaînement Karmique. (15.02)

Comment Couper L’arbre De L’attachement Et Atteindre Le Salut En Trouvant Refuge En Dieu
La vraie forme de cet arbre n’est pas perçue ici sur terre, ni son commencement, sa fin, ou son existence. Ayant coupé les fortes racines du désir de cet arbre par la puissante hache de la connaissance du Soi et le détachement, pensant ainsi : « Je prend refuge en cette personne primordiale, dont émane la manifestation antique », recherchant donc cette demeure suprême en quête du lieu d’où il n’y a plus de retour (vers le monde des mortels). (15.03-04)
Ceux qui sont libérés de l’orgueil et de l’illusion, qui ont vaincu le mal de l’attachement, qui demeurent constamment dans le Suprême Soi, tous désirs (Kāma) calmés, affranchis des dualités du plaisir et de la douleur, atteignent le but éternel. <(15.05)
Le soleil n’éclaire pas en ce lieu, ni la lune, ni le feu. C’est Ma suprême demeure. Ayant atteint ce lieu, l’homme ne revient plus (dans le monde temporel). (Voir aussi 13.17 et 15.12, et KaU 5.15, ShU 6.14, MuU 2.02.10) (15.06)

L’âme Incarnée Est La Satisfaite
L’âme éternelle individuelle (Jîvatmâ) dans le corps des êtres vivants est, vraiment, Ma part intégrale. Elle est associée avec les six facultés sensorielles – le mental inclus – de perception, et les active. (15.07)
Tout comme l’air emporte le parfum de la fleur ; de même, l’âme individuelle (Jîvatmâ) s’empare des six facultés sensorielles du corps physique, les emporte dans la mort vers un autre corps physique qui s’acquit dans la réincarnation (par la force de Karma). (Voir aussi 2.13) (15.08)
L’entité vivante (Jîva) jouit des plaisirs des sens expérimentant les six facultés sensorielles, usant les oreilles, le toucher, la vue, le goût, l’odorat, et le mental. Les ignorants ne perçoivent pas le départ de Jîvâ du corps, ou qu’elle y reste pour se satisfaire aux plaisirs des sens en s’associant aux modes de la Nature matérielle. Mais ceux qui ont l’oeil de la connaissance du Soi le voient. (15.09-10)
Les yogis s’efforçant d’atteindre la perfection, voient l’entité vivante (Jîva) demeurer dans leur psyché intérieure (comme conscience) ; mais les ignorants, et ceux dont la psyché intérieure n’est pas pure, ne La voient pas malgré leurs efforts. (15.11)

L’esprit Est L’essence De Tout
L’énergie de la lumière qui vient du soleil illumine le monde entier ; et, qui est aussi dans la lune et dans le feu ; sache que cette lumière est Mienne. (Voir aussi 13.17 et 15.06) (15.12)
Pénétrant la terre, Je soutiens tous les êtres avec Mon énergie ; devenant la sève lunaire, Je nourris toutes les plantes. (15.13)
Étant devenu le feu digestif, Je réside dans le corps de tous les êtres vivants ; et, en M’unifiant aux souffles vitaux (Prānā et Apāna), Je digère tous les types de nourriture ; et (15.14)
Je siège dans la psyché intérieure de tous les êtres. La mémoire, la connaissance du Soi, le rejet du doute et des mauvaises notions (dans le raisonnement au sujet de l’Éternel Être, ou pendant l’extase (Samādhi)) viennent de Moi. Je suis véritablement ce qui doit être connu par l’étude de tous les Védas. Je suis, vraiment, l’auteur du Vedānta et le connaisseur des Védas. (Voir aussi 6.39) (15.15)

Quels sont le supreme esprit, l’esprit, et l’âme individuelle ?
Il y a deux entités (Puruşas) dans le cosmos : le Divin Être faillible et temporel (Kşara Puruşa), et l’Éternel Être infaillible (Brahman, Akşara Puruşa). Tous les êtres créés sont sujets au changement, mais l’Éternel Être ne change pas. (15.16)
Il y a encore une autre Personnalité Suprême de la Divinité (au-delà du temporel et de l’éternel) appelé la Réalité Absolue ou Paramātmā qui soutient autant le temporel que l’éternel (Kşara et Akşara) en imprégnant les trois sphères planétaires (Lokas), Il est le Seigneur éternel (Iśvara). (15.17)
Puisque Je suis au-delà du temporel (Kşara) et de l'infini (Akşara) ; par conséquent, Je suis célébré dans ce monde et dans la Veda comme le Suprême Être (Para-Brahman, Paramātmā, Puruşottama, l’Absolu, la Vérité, Sat, le Super-âme, etc.) (Voir aussi MuU 2.01.02) (15.18)
Celui qui est sagace, et qui Me saisit vraiment comme le Suprême Être (Puruşottama), connaît toutes choses et M’adore de tout son être, O Arjuna. (Voir aussi 7.14, 14.26, et 18.66) (15.19)
Ainsi, cette science de la connaissance du Soi la plus secrète t’as été expliquée par Moi, O Arjuna sans péché. En comprenant cela, un homme accède à l’éveil, et il a accompli tous ses devoirs, O Arjuna. (15.20)
Ainsi prend fin le quinzième chapitre intitulé «La Personne Suprême» dans les Upanişad de la Bhagavadgītā, l’écriture de yoga, touchant la science de l’Absolu dans la forme du dialogue entre Srīkŗşna et Arjuna.